Mix Exquis #3 : Don’t surrender Riton
En ces temps de confinement, L’Heure Exquise se métamorphose en mix’s tout aussi exquis. Des mix’s entre musique et cinéma, pour écouter les images.
En ces temps de confinement, L’Heure Exquise se métamorphose en mix’s tout aussi exquis. Des mix’s entre musique et cinéma, pour écouter les images.
En ces temps de confinement, L’Heure Exquise se métamorphose en mix’s tout aussi exquis. Des mix’s entre musique et cinéma, pour écouter les images.
En ces temps de confinement, L’Heure Exquise se métamorphose en mix’s tout aussi exquis. Des mix’s entre musique et cinéma, pour écouter les images.
Rencontre ce mois-ci avec le cinéaste kurde iranien, Diako Yazdani, autour de son documentaire, Toutes les vies de Kojin.
Kojin est un jeune kurde irakien, homosexuel, âgé de 23 ans. Tout au long du film – Diako Yazdani derrière et Kojin devant la caméra – partent à la rencontre de la société kurde irakienne. Une société où l’homosexualité est totalement exclue, voire impensable, inconcevable.
Le film se construit en une série de rencontres, avec des hommes rencontrés sur des terrasses de café ou réunis pour aborder ce sujet absolument tabou ; avec la famille de Diako Yazdani ; ou encore avec un célèbre imam – guérisseur, prônant un islamisme radical. Malgré la haine, la violence et l’absurdité des propos, Diako Yazdani et Kojin ne sont jamais dans la dénonciation, ils sont simplement les miroirs d’une société enfermée dans ses irrationalités et ses contradictions.
Ce mois-ci nous recevons Jean-Pierre Thorn, réalisateur de l’âcre parfum des immortelles. Un collage poétique et politique, où s’entremêlent le récit d’une passion amoureuse et les souvenirs de luttes ouvrières, populaires et syndicales, qui ont rythmé la filmographie militante de Jean-Pierre Thorn.
L’âcre parfum des immortelles mélange en effet des extraits de films aux retrouvailles avec ces figures rebelles qui ont marqué son cinéma. Jean-Pierre Thorn remonte ainsi le fil de ses films et de sa vie, en passant par les luttes ouvrières vécues dans les années 70, puis le mouvement hip-hop, et aujourd’hui celui des gilets jaunes. Le tout en redonnant vie à Joëlle, son amour de jeunesse, disparu trop tôt.
Ce mois-ci, nous écoutons l’Heure Exquise, celle du cinéaste marseillais René Allio, réalisé en 1981. Un moyen métrage de 60 minutes, tourné en 16mm, dans le labyrinthe de Marseille. La voix off de l’auteur est présente tout au long de cette Heure Exquise. Il nous accompagne pour conter sa ville, dont les traverses et les sinuosités trament ses propres narrations familiales.
Après guerre, René Allio quitte sa région d’origine pour s’engager dans une carrière théâtrale qui lui permet d’atteindre la notoriété en tant que décorateur, costumier, puis scénographe. Son retour à Marseille s’amorce dans les années soixante et connaît deux temps, étroitement liés à son cinéma. En 64, il choisi Marseille pour planter le décor de son premier film, La Vieille dame indigne, qui lui vaut un véritable succès populaire. 5 films et 13 ans plus tard, il signe son 7e long-métrage, Retour à Marseille. L’Heure Exquise en fut le versant documenté et autobiographique ; une réconciliation avec son histoire familiale, ancrée dans son territoire natal. En 1980, sur le tournage de L’Heure Exquise, René Allio disait ceci : « Dire que, comme Marseille qui, aussi vieille que Rome, n’a pas gardé de monuments comme si elle n’avait pas d’histoire, ce film ne parlera ni de grandes choses, ni de grands événements, ni de grands hommes. »
L’Heure Exquise est un hommage à un air célèbre de l’opérette autrichienne La Veuve Joyeuse de Franz Lehar. « Je me souviens comme j’allais en voiture jusqu’au Parc Borely pour y marcher, courir, d’avoir entendu sur France Musique un morceau de la Veuve Joyeuse : nommée L’Heure Exquise ; et dans tout ce contexte sentimental de retour à Marseille, et du remuement du passé, de l’émotion qui m’a étreint en entendant le morceau parce qu’il me faisait à la fois penser à mon père et ma mère jeunes, et aux sentiments que j’éprouvais adolescent quand je pensais à l’amour. »
Débarrassé de tout dogme esthétique, ce film propose une « exploration sentimentale », un parcours à travers le Marseille des grands-parents de René Allio, immigrés italiens installés entre Bon Secours et Saint-Gabriel, jouxtant la Belle de Mai. Dans ce film mémorial, on descend en ville et on remonte dans le passé de l’auteur. On saisit des habitudes et les histoires familiales qui bercèrent son enfance, gagnant le statut de mythes au fil des récits. Gestes, images, sons, lieux sont autant de souvenirs que René Allio réagence de film en film pour dresser le portrait d’une ville qui prolonge et compile ces héros qui ne laissent pas de traces.
Nous recevons aujourd’hui Djamil Beloucif et Mohammed Lakhdar Tati, deux invités que nous avons laissé converser en tête à tête pendant une heure.
Djamil Beloucif est réalisateur, membre fondateur du Clou, association qui propose des ateliers de cinéma se déclinant en description, analyse et interprétation d’images. Le Clou organise également des événements, comme cette rétrospective dédiée aux œuvres du cinéaste algérien, Mohammed Lakhdar Tati.
Lakdar Tati a réalisé plusieurs courts-métrages dans l’Algérie des « années de sang », puis il a émigré en France, en 2003. Il a depuis réalisé quatre films : Aveux, un court-métrage de fiction en 2003 ; Joue à l’ombre ! (2006), documentaire réalisé dans les rues d’Alger, puis Dans le silence, je sens rouler la terre (2010).
En 2017, Tati réalise son premier long métrage, Fais soin de toi. Un road documentaire d’Alger au Sud du pays, où il sonde la définition de l’amour et du sentiment amoureux de ceux qu’il rencontre. Selon Lakhdar Tati : » le sentiment amoureux est un indicateur assez fiable pour mesurer le mal-être et la mal-vie des Algériens. La question de l’amour révèle les ravages de la politique de la haine de soi exercée par le pouvoir en place, si bien que les Algériens ont intériorisé l’idée qu’ils sont brutaux, violents, fainéants et qu’ils ne sont pas faits pour aimer. Dans leur conception, l’amour est fait pour les Occidentaux. »
Nous recevons Caroline Caccavale et Joseph Cesarini, producteurs, réalisateurs et couple fondateur de l’association Lieux Fictifs, espace de pensée, de pratique et de création cinématographique qui oeuvre au sein de la prison des Baumettes depuis plus de trente ans.
Au sein de cette Heure Exquise, nous évoquerons trois des films qui ont marqué ces trois décennies vécues par Lieux Fictifs aux Baumettes.
Nous commencerons avec le documentaire De Jour comme de Nuit (1991), réalisé par Renaud Victor, assisté par nos invités, Caroline Caccavale et Joseph Cesarini. Une immersion de trois ans dans la vie des détenus et du personnel pénitentiaire.
Nous évoquerons ensuite 9m2 pour deux (2006), réalisé par Joseph Cesarini et Jimmy Glasberg. Un film où 10 détenus, tour à tour interprètes et filmeurs, mettent en scène leur vie quotidienne. Ce film est le fruit des pratiques cinématographiques continues mises en place par Lieux Fictifs aux Baumettes, tout comme Anima (2016), co-réalisé par Caroline Caccavale et Joseph Cesarini.
Anima a été pensé, écrit et interprété par des personnes détenues de la prison des Baumettes et des habitants de Marseille. Différents artistes y ont également été associés, comme le chorégraphe Thierry Thieû Niang et le compositeur Lucien Bertolina, fondateur de notre studio de création sonore Euphonia.
Dans Anima, toutes ces personnes inventent et fabriquent ensemble des sons, des mouvements, des textes et des images pour mettre en partage leurs désirs, leurs rêves. Ils créent ainsi une fiction, un récit, une langue commune et de nouveaux territoires. Ces Lieux Fictifs, dans la porosité entre le dedans et le dehors.
Ces trois films sont projetés au sein du cycle d’événements Prison Miroir, organisé par Lieux Fictifs & La Friche Belle de Mai. Prison Miroir met en lumière tous les reflets de la relation, entre ce dedans et ce dehors, mais aussi entre la prison et l’art, à travers des expositions, des projections, des rencontres, des tables rondes, et des écoutes sonores, afin d’offrir différents regards sur et depuis l’univers carcéral. Le week-end inaugural a eu lieu du 25 au 27 octobre, le second week-end majeur de Prison Miroir se tiendra du 7 au 9 février prochains. Les expositions « Un Œil sur le dos » d’Arnaud Théval et « Détenues » de Bethina Rheims sont toujours visibles à la Friche Belle de Mai jusque la fin de Prison Miroir, le 23 février prochain.
Au sein de ce cycle est donc organisée une rétrospective cinématographique des œuvres des créateurs, producteurs et réalisateurs de Lieux Fictifs, baptisée « Regards depuis la prison ». Une rétrospective qui s’étale jusqu’en février, dans laquelle l’on retrouve les trois films évoqués dans cette heure.
C’est un numéro un peu particulier, puisque l’invitée fil rouge de cette émission n’est pas venue. Nous devions recevoir Monika Borgmann, cinéaste allemande installée à Beyrouth, mais elle n’a pas pris l’avion au matin de l’émission.
Elle était invitée de la 14e édition du festival Les Rencontres à l’échelle, pour présenter son film, Tadmor, réalisé en 2016, avec Lokman Slim. Un documentaire dans lequel une vingtaine d’anciens prisonniers libanais témoignent des tortures et humiliations subies lors de leur détention dans la prison de Palmyre, en Syrie.
Dans le cadre de ces Rencontres à l’échelle, était également invité Mohammed Lansari, directeur de la cinémathèque de Tanger. Nous lui avons posé quelques questions puis il s’est prêté au jeu du questionnaire de cinéphilie, Cinémoi.
En seconde partie d’émission, nous vous proposons un nouveau Cinémoi avec le journaliste et écrivain marseillais, Philippe Pujol, prix Albert Londres en 2016, avec La Fabrique du monstre, et récent auteur de La Chute du monstre, publié aux éditions Le Seuil le 7 novembre dernier, un an après les effondrements des deux immeubles de la rue d’Aubagne.
Il revient lui aussi sur ses plus grands émois au cinéma, de Dumbo à Jim Jarmusch, en passant par les Daltons, Pussycat kill Kill Kill, John Cassavettes ou François de Roubaix.
C’est avec un plaisir immense que nous célébrons les 20 ans d’un film culte, l’un des plus grands chefs d’oeuvres du cinéma provençal, Les 4 saisons d’Espigoule. Voici une heure exquise avec son réalisateur, Christian Philibert.
Quatre saisons dans la vie de Ginasservis, un petit village du Haut-Var, vu par le prisme de ses personnages, de leurs folies, de leur verbe. On pourrait classer maladroitement Espigoule dans un registre Pagnolesque, pourtant au Pays de Giono. On pourrait le qualifier de village gaulois, avec c’est vrai de nombreux personnages qui nous renvoient à Uderzo. Je pense au poète Bastide, proche d’Assurancetourix, ou le patron du bar, Jean-Marc, véritable réincarnation provençale d’Obelix.
Mais 20 ans plus tard, ce n’est pas usurper d’affirmer que Les 4 Saisons d’Espigoule reste inclassable. Une Docu-Médie, où tout n’est pas vrai, mais rien est vraiment faux. Un film où on oublie très vite que c’est joué, même si on le comprend. Et d’ailleurs est-ce toujours joué ? Le ferment créatif du film repose bien sur cette ambiguïté, cette friction constante entre le documentaire et la fiction, pour créer le terrain fertile d’une improvisation juste. Comme le disait le patron du Café du Cours, Jean-Marc Ravera, Christian Philibert a su créer « une ambiance ».