Au mois de juin, Karcher sort un peu de son nombrilisme marseillais pour regarder loin, au-delà de la Méditerranée, au-delà de l’Afrique même, vers les territoires situés bien loin de l’hexagone, qui, héritiers de notre passé colonial, sont appelés communément « territoires ultra-marins ». Derrière cette appellation globale se dessinent des réalités bien différentes. Malo et Aneth sont tombé.es sur un film qui les a touché.e.s profondément, « Kouté Vwa » de Maxime Jean-Baptiste. Ce film interroge les racines guyanaises du réalisateur, depuis la métropole. Nous sommes face à des images que nous ne connaissons pas, un discours que nous n’entendons jamais de manière aussi incarnée, une autre manière de se raconter et de filmer.
On s’est donc posé.es la question de l’accessibilité au cinéma dans ses endroits du globe, de leur représentation dans le cinéma « français »… et de la diffusion de récits différents de ceux métropolitains. Pas facile de trouver des chiffres, comme l’atteste ce rapport de 2023 du CNC intitulé « la géographie du cinéma en 2023 ». N’y figure… que le territoire métropolitain. No comment.
Un mémoire écrit par Orana Larthomas dans le cadre de ses études de production de la Fémis, nous éclaire un peu plus, et montre la disparité des territoires : alors qu’en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, la filière cinéma est peu développée (et même, abandonnée…), aux Antilles et en Guyane, on assiste à une structuration de la filière cinématographique locale. Et La Réunion semble occuper une place à part, avec des filières de production et formation qui se déploie et la revendication d’un « cinéma péi »
Cette thématique – aussi vaste que l’étendue de mers et de terres qui nous séparent de ces territoires – nous l’avons effleurée avec ce premier épisode, centré sur La Réunion. Nos invitées, Manon Amacouty et Nelly Patouma nous ont parlé de leur travaux en cours, qui ont à cœur de livrer de nouvelles représentations, loin de l’image de carte postale. Et Nelly a également écrit une chronique, première contribution (et nous espérons, pas la dernière ! ) à Karcher sur le tapis rouge.
Virgule sonore : Juliette Grimont
Musique : Kartel de Maya Kamaty
