Cette semaine dans Culture Pixelle, nous recevions Thierry Danet, directeur du festival Ososphere et président de La Laiterie. Depuis Strasbourg, il fabrique depuis plus de vingt ans un projet singulier : croiser musiques électroniques, arts numériques, urbanisme et récit territorial. Il a exploré différents lieu de la ville, les a ré-ouvert à la ville disent certains. Aujourd’hui, il se reconcentre sur le quartier de la Gare avec la réhabilitation de la Laiterie. Il a engagé, avec cette édition du festival, une conversation avec le futur pour nous conduire tout tranquillement, et avec souffle et sens, vers demain !
Ososphère n’est pas simplement un festival. C’est une manière d’habiter la ville autrement. Investir des friches, ouvrir des lieux inattendus — du port du Rhin à la gare — et créer des espaces temporaires où la technologie devient sensible, collective, expérimentale.
À l’origine du projet, une intuition simple : les transformations technologiques ne peuvent pas être comprises uniquement par les ingénieurs ou les politiques. Elles nécessitent d’autres regards. Et qui mieux que les artistes qui ont participé à fonder ces technologies, pour nous éveiller.
« À un moment, on va avoir bien besoin des artistes pour nous donner des clés de perception sur le monde dans lequel on vit. »
Depuis ses débuts dans les années 2000, Ososphère nous accompagne dans une société “en régime numérique” en invitant les artistes à explorer ses imaginaires, ses tensions et ses promesses, directement dans la ville.
« On voulait inventer une forme qui vienne s’intercaler dans la ville et réagir en temps réel à notre perception de cette évolution. »
À Strasbourg, ville-carrefour au cœur de l’Europe, ce dialogue entre art, territoire et technologies prend une dimension particulière. Le festival devient alors un laboratoire urbain : un moyen d’explorer les transformations de la ville avant même que les projets d’aménagement ne les figent.
Mais pour Thierry Danet, ce travail artistique se joue aussi dans un rapport subtil aux institutions. Ni complètement à l’extérieur, ni totalement intégré.
« Nous sommes un artefact dans ces systèmes, et on espère que le fait d’y rester va faire évoluer ces systèmes. »
Les festivals, les artistes et les lieux culturels peuvent agir comme des artefacts dans la ville, des objets sensibles capables de déplacer les imaginaires collectifs.