Quand la technologie s’efface pour faire place au collectif
« Mon enjeu, c’est de faire disparaître la technologie pour qu’on puisse se concentrer sur le fait d’être présent physiquement, ensemble, dans un lieu. »
Dans ce nouvel épisode de Culture Pixelle, nous recevons Maxime Touroute, artiste numérique et développeur/ingénieur, dont le travail explore depuis plusieurs années les frontières entre technologie, corps et création collective.
Issu d’un parcours en ingénierie informatique, Maxime a progressivement détourné le code de ses usages industriels pour en faire un outil artistique à part entière. Non pas une finalité, ni un effet spectaculaire, mais un moyen de fabriquer des situations de rencontre, de dialogue et de co-création.
« La technologie, et notamment le développement informatique, est devenue mon outil de création pour créer du lien et imaginer des expériences participatives et collaboratives. »
Ses projets — de Let’s Draw à The Invisible Party — reposent sur une idée forte : l’œuvre n’est jamais figée. Elle advient dans l’instant, portée par les publics eux-mêmes. Dessiner ensemble, interagir à plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers, produire une matière collective impossible à anticiper entièrement.
« Je ne porte pas une esthétique : je fais en sorte que ce soit le public qui crée. »
Cette posture n’est ni naïve ni improvisée. Elle suppose une maîtrise fine des infrastructures techniques, une préparation rigoureuse, mais aussi une acceptation du hasard, de l’imprévu, de ce que le collectif fait émerger au-delà des intentions initiales de l’artiste.
Au cœur de cette démarche, une conviction traverse l’échange : la technologie doit savoir se faire oublier. Lorsqu’elle disparaît des regards et des gestes, elle laisse place à l’essentiel — la présence, l’attention à l’autre, le fait d’être ensemble, ici et maintenant.
Une émission qui nous permet d’interroge en profondeur notre rapport aux arts numériques, à la participation, et aux imaginaires collectifs à l’ère des plateformes et de l’intelligence artificielle. Une invitation à penser le numérique non comme une fuite hors du monde, mais comme un outil de ré-ancrage sensible et politique.