Sounds of silence: anthologie des morceaux de silence

Adaptation radiophonique du disque vinyle « Sounds of silence » de Matthieu Saladin, Patrice Caillet et Adam David.
(Frac Franche-Comté / Alga Marghen, avec le soutien des éditions Incertain Sens, 2013)

Equipe de réalisation Radio Grenouille-Euphonia :
Jean-Baptiste Imbert, Chloé Despax, Margaux Wartelle, Alex-papi Simonini, Marine-Roya Sahabi Ghomi

 

Une production Radio Grenouille pour le réseau Radia, groupe informel de radios libres, pour produire, échanger et valoriser la création radiophonique.

 

 

« Sounds of silence » est une anthologie réunissant certains des plus intriguants morceaux de silence de l’histoire de l’enregistrement et comprend des pièces d’Andy Warhol, John Lennon, Maurice Lemaître, Sly & the Family Stone, Robert Wyatt, John Denver, Whitehouse, Orbital, Crass, Ciccone Youth, Afrika Bambaataa, Yves Klein, etc.
Si tous ces morceaux ont en commun un même et unique matériau, et peuvent en cela paraître au premier abord interchangeables, ils sont en réalité on ne peut plus divers. Ainsi, oscillent-ils entre le performatif, le mémoriel, le politique, la critique, l’abstraction, le poétique, le cynisme, la blague, la technique, la promotion, l’absurde et l’indéterminé. Les morceaux choisis de cette anthologie rendent néanmoins tous compte de la spécificité de silences pensés et produits pour un médium reproductible, jouant de sa matérialité en le mettant à nu. Ils exposent et révèlent leur médium, jusque dans son usure et ses imperfections. Ce sont de simples surfaces, des spirales de sillon tournant sur elles-mêmes. Pour cette même raison, ces plages de silence se distinguent de la rupture conceptuelle opérée par John Cage avec 4’33’’.
Depuis les années 1950, le silence a trouvé une place dans l’économie du disque et a connu d’innombrables appropriations. La plage de silence paraît en effet ne faire exception à aucun courant musical.
« Sounds of silence » rejoue ces silences d’après leur support d’origine, conservant toutes les imperfections liées à leur matérialité propre et leur histoire spécifique, sans toutefois négliger le postulat d’une certaine satisfaction d’écoute chez l’auditeur. Cette approche documentée révèle les motivations effectives ou présumées de ces silences, tout en s’aventurant dans des correspondances ou des interférences inédites.

Un disque « à jouer fort » (ou non), en tout lieu et toute circonstance : une réelle expérience auditive.