Cesare Mattina – Clientélismes urbains à Marseille

Entretien avec le sociologue Cesare Mattina, auteur de Clientélismes urbains, Gouvernement et hégémonie à Marseille

« Que ce soit dans le discours produit par les médias, les milieux politiques, les acteurs de la société civile ou les auteurs de sciences sociales, le terme « clientélisme » est spontanément associé aux classes populaires ou au sous-prolétariat, désignés comme principaux, voire comme seuls bénéficiaires des ressources distribués par voie clientélaire et par favoritisme. [...] Or,  partir du cas marseillais, cet ouvrage entend précisément montrer que la redistribution des ressources utilisées en vue de la clientélisation des électeurs ne profite pas prioritairement aux classes populaires, aux « pauvres » et aux sous-prolétaires, mais bien davantage à des individus, à des familles et à des groupes issus des classes moyennes et petites/moyennes. » 

gens-au-soleil

De l’après-guerre à aujourd’hui, de Defferre à Gaudin, de la « famille municipale » à l’invention politique des « communautés », Cesare Mattina, sociologue au LAMES (Laboratoire méditerranéen de sociologie) à Aix Marseille Université retrace une histoire politique et sociologique du clientélisme à Marseille. Au micro de la Grenouille, il montre ses continuités, ses processus de légitimation au sein de la classe politique locale et les changements en terme de ressources à redistribuer.

 Clientélismes urbains, Gouvernement et hégémonie à Marseille. Aux Presses de Sciences Po Paris. 29 euros.

Documentaire France 3 sur le clientélisme à Marseille: ici

 

Par Margaux Wartelle